1. Hendaye-Col de Lizuniaga.
19 juin 2010
C'était tellement bien en 2006 que le besoin de refaire la traversée des Pyrénées ne m'a pas quitté depuis. Même point de départ: Hendaye. Même destination: Banyuls.
Pourquoi la refaire dans ce sens, Ouest-Est? D'abord parce que, chaque matin, les montées se font "à l'ombre". Et puis l'arrivée sur la Méditerranée est un véritable régal pour les yeux (si la météo est d'accord!).
Cette fois ci Lucien m'accompagnera de bout en bout.
Le samedi 19 juin nous partons donc de la plage d'Hendaye. 1ère étape avouée: le col de Lizuniaga.
Le temps est couvert mais pas de pluie. La traversée d'Hendaye vers Biriatou a plus de charme que je ne le croyais.
Les premiers soucis commencent pour Lucien...la "tourista" attaque de bonne heure! Bien évidemment, la pharmacie emportée ne contient pas les pilules adaptées à la situation! Deux aimables vacanciers lui viendront en aide à Biriatou.

Ça a l'air d'aller beaucoup mieux!
La progression se fait tranquillement. Ibardin ses ventas, ses Français, ses clopes, son pastis, son whisky...
Cette première étape de "mise en jambe" n'empêche pas
la même erreur qu'en 2006! Nous rejoignons le col d'Inzola après avoir
pris, trop tôt, un chemin qui nous amène au fond d'un vallon qu'on
aurait pu éviter...Je me suis promis de ne pas recommencer lors de ma
3ème HRP! ![]()
David, 70 ans et l'amour de la rando.
L'arrivée à Lizuniaga sous une pluie fine et un vent à décorner les brebis nous incite à prendre une piaule à l'hôtel du lieu. Nous y faisons la connaissance de David, un américain de 70 printemps,bien décidé à rejoindre Gavarnie.
![]()
2. Col de Lizuniaga-Elizondo
20 juin 2010
Départ de Lizuniaga à 8h 30. Le GR 11 super balisé devrait nous amener à Elizondo sans qu'on ait à sortir la carte...

Sur la route d'Elizondo, la Rhune, derrière nous.
Dernier coup d'œil sur l'océan.
Ciel nuageux et toujours pas de pluie. Étape assez longue ponctuée des inévitables palombières. C'est à se demander s'il existe un col où ces pauvres bêtes peuvent passer sans souci!
Elizondo
Elizondo
Longue descente pas très agréable sur Elizondo. Nous trouvons refuge dans un petit hôtel fort sympathique...le bivouac attendra encore un peu!
3. Elizondo-Refuge de Sorogain
21 juin 2010
Départ d'Elizondo sous un ciel dégagé. La montée au col d'Argibel met les mollets à rude épreuve à cette heure matinale! Nul besoin de sortir la carte, le GR 11 est toujours bien balisé.
Pas belle la vie de cheval?
Dans la montée d'Argibel nous sommes rattrapé par un jeune gars, Paul, lui aussi à destination de Banyuls. Pour l'heure il se rend aux Aldudes. Nos chemins se séparent au col puisque nous avons choisi l'itinéraire espagnol par le col de Urkiaga et Burguete.
Paul
Se perdre?...Faut en avoir envie!
Le vent souffle toujours aussi fort sur les crêtes. Aujourd'hui il est particulièrement froid...au pique nique de midi nous grelotons à l'abri d'une cabane de chasseurs...polaire et coupe-vent de rigueur !
L'objectif de la journée était Burguete...le GR 11 est si bien balisé que nous nous égarons sur une variante du GR 12 !...nous ne serons pas à Burguete ce soir et nous arrêtons au refuge de Sorogain, fermé pour cause de travaux. Nous plantons la tente sous un vent violent qui a décidé de ne pas nous lâcher !
4. Refuge de Sorogain-Refuge Egurgio
22 juin 2010
Heu...si, on pourrait se perdre !
Longue étape avec dénivelées importantes. Nous sommes à 2 h de Burguete où nous comptons bien prendre un p'tit déje conséquent! Bon, mais avant ça, il faut se l'avaler ce rampaillon qui nous fait face!...
Café con leche à Burguete...
Au fond, l'abbaye de Roncevaux
Le temps est au grand beau et permet des vues superbes sur l'Ohry, le pic d'Anie et la Table des 3 Rois.
L'approche du refuge d'Egurgio se fait par des sentiers qui contournent plusieurs mamelons sur de longues courbes de niveau. La pente est raide, les sentiers marqués par les empreintes des vaches inconfortables...il faut redoubler de vigilance pour éviter une chute qui s'avèrerait catastrophique.. pour admirer le paysage, mieux vaut s'arrêter!
Le refuge d'Egurgio
Popote à Egurgio
5. Refuge Egurgio-Zaspigan
23 juin 2010
Suivre le GR 12 et ses "biroutes" blanches et rouges jusqu'aux cayolars d'Organbidia d'où nous rattraperons la HRP de Véron par le col de Tharta. Bien, mais avant d'en arriver là, il faut passer par....
...des vaches...
...des brebis...
...des cols...
...des sentiers...
...hyper balisés....mais pas toujours de bon goût...
Ex: les engins forestiers
modernes tracent des pistes "direct pleine pente". Et bien les
concepteurs du GR 12 n'ont pas trouvé mieux que de faire passer le GR
par ces trouées! plus de 600m de rampaillon, tout droit, face à "une
pente très pentue", ça m'a tuer! Mieux!...ils tirent tout droit
alors qu'on trouve de vieilles balises sur le sentier qui contourne le mamelon !
nous découvrons un autre Pays Basque à l'approche de l'Ohry...la haute montagne n'est plus loin. Nous apercevons les hauts sommets au loin encore bien enneigés. Je commence à me poser des questions sur le passage du col de la Fache pour l'accès à Gavarnie...
Au col de Tharta nous décidons de commencer l'ascension vers l'Ohry. Le vent, toujours aussi fort et la brume qui tombe sur le Zaspigan nous incitent à trouver un endroit de bivouac. Pas facile...la configuration du terrain et le vent ne nous arrangent guère...va pour l'abri derrière une palombière !
Le plein d'eau aux cayolars d'Organbidia.
Le Zaspigan et l'Orhy (dans la brume)
Bivouac "de fortune" !
6. Zaspigan-Belagua et +
24 juin 2010
Après une nuit des plus inconfortable (pente+vent), nous nous levons vite fait et gravissons le Zaspigan au milieu des brebis.

Après le Zaspigan, l'Ohry
Sur la crête du Zaspigan
Le temps est splendide. Le vent de la nuit s'est enfin calmé. Au port de Larrau nous retrouvons Paul qui arrive des chalets d'Iraty. Nous faisons route ensemble jusqu'à Belagua.

Les estives sous l'Ohry où le petit Pierre allait garder les brebis avec son Papa.
Les hauts sommets se rapprochent
La descente vers Belagua
Agua !
Depuis le refuge de Belagua (abandonné !) le chemin passe sous la barre rocheuse...
En route vers les lapiaz
Bivouac entre Belagua et le col d'Anaye
7. Belagua-Lescun
25 juin 2010
Bivouac plié, nous voilà parti d'un bon pas vers le col d'Anaye. Nous avons décidé de ne pas passer par la table des 3 Rois comme prévu. Les névés, encore nombreux, nous font craindre quelque surprise lors de la descente sur les cabanes d'Ansabère, d'autant que nous n'avons pas de crampons. Nous passerons donc par le plateau de Sanchèse.

Le long chemin vers le col d'Anaye
Après nous être mélangés les pinceaux avec une variante du GR 12, toujours bien balisé (mais comme dit Paul "trop de balisage tue le balisage !") nous attaquons le col d'Anaye. Soudain....grosse douleur dans l'arrière de la cuisse gauche ! Aïe aïe aïe...plus je monte, plus la douleur se fait sentir...évidemment mon allure s'en ressent. À chaque névé je ramasse une poignée de neige que je frotte vigoureusement sur la cuisse...au col, Lucien, infirmier d'un jour, me pose un cataplasme de glace !
Il est où ce col?
Soins intensifs !
Grandiose, n'est-ce pas?
Et pour que la journée demeure à tout jamais inscrite dans ma mémoire, voilà-t-y pas, qu'à la descente, je découvre le mal aux genoux...moi qui n'ai jamais eu mal aux genoux en montagne !...Inutile de dire qu'arrivé au plateau de Sanchèse, le moral était au fond des chaussettes. Surprise ! Paul était là ! Décidément, on ne se quitte plus ! Il monte aux cabanes d'Ansabère. Pour moi, hors de question....je préfère joindre Lescun à 4 Km pour me reposer et essayer de chasser les vilaines pensées qui me passent par la tête...
Le plateau de Sanchèse
Lescun où un pauv'randonneur se retapera à la "Maison de la Montagne" !
8. Lescun-Refuge d'Arlet
26 juin 2010
Hier, fin de journée "cool" au gîte de la Maison de la montagne à Lescun: bière, repos, bon repas, nuit nickel...Voyons ce que va donner la présente journée...
Jean-Marc, un copain qui avait fait "le Port de la Bonaïga-Banyuls" avec moi en 2006, doit nous rendre visite au refuge d'Arlet, l'étape du jour. Journée test...si c'est comme hier, je rentre dans le Gers avec Jean-Marc...
En sortant de Lescun
Au fond, le col d'Anaye par où nous sommes arrivés hier
Fenaison
Le col de Pao
Les "bobos" de la veille ont miraculeusement disparu! Les 1200m de dénivelée pour aller au col de Pao n'ont réveillé aucune douleur et les genoux sont ceux d'un galopin de 12 ans! Le moral remonte au fur et à mesure que nous prenons de l'altitude!
Après le col de Pao où nous rejoignons la HRP, long chemin sur la crête frontière pour rejoindre Arlet. L'orage menace. Nous arrivons sous une petite pluie au refuge où Jean-Marc et son pote Jean-Luc nous attendent déjà...ainsi que Paul !

Jean-Luc, Jean-Marc et Paul
Jean-Luc, Lucien, Lionel et Jean-Marc
Jean-Mi, le sympathique gardien du refuge d'Arlet
HRP interrompue pour cause d'enneigement.
Envoyé sur le site de la Marche Ultra Légère le 27 juin 2010 :
Arrivés au refuge d'Arlet hier, nous avons rencontré un couple de montagnards qui venaient de Banyuls et qui se trouvaient à Arrémoulit deux jours avant.
Arrémoulit sous la neige...les gardiens ont même tenté de démarrer une trace vers Larribet (ils n'ont encore vu personne!). Un randonneur a dévissé au col d'Arrémoulit...les lacs d'Ariel sont gelés, y compris le lac inférieur...le ski de rando se pratique encore au-dessus de Gavarnie...le gardien de Barroude me confirme que l'accès au cirque par la hourquette d'Héas est très engagé (névé très pentu)...l'accès au col de la Fache nécessite cramponnage et prudence...ce couple a renoncé au passage du col de Molière...et je ne parle pas du Portillon et du col de Litterole...
Pour toutes ces raisons j'ai préféré ne pas entraîner mes 4 compagnons (dont trois devaient nous rejoindre à Gavarnie) dans des "galères" prévisibles...nous sommes des randonneurs, pas encore des montagnards...sécurité oblige...
Je suis rentré à Castelnau (profitant de la venue d'un copain à Arlet) et je revois un itinéraire au départ de l'hospice de Vielha (en sautant toutes les Pyrénées centrales) en raccourcissant certaines étapes.
Voilà...nous sommes arrivés aux environs d'Arrémoulit au mauvais moment...Je pense avoir pris une sage décision compte tenu du fait que je me suis engagé auprès de mes compagnons de route.
Chaque année nous faisons une semaine "bivouac"...pas la peine de préciser qu'en 2011 les Pyrénées centrales sont à l'ordre du jour!

































